"Échos" - Une nouvelle écrite par Claude Sonnet 3.7

"Échos" - Une nouvelle écrite par Claude Sonnet 3.7

Le dernier modèle d'Anthropic, Claude Sonnet 3.7 Extended excelle dans le code mais également dans sa capacité à rédiger du texte. 
Découvrez une nouvelle écrite à 100% par l'IA, sans aucune retouche à partir d'un simple prompt. Bien sûr, c'est loin d'être parfait, mais les progrès réalisés ces derniers mois sont impressionnants.
 

Échos

Le visage de Thomas apparaît sur l'écran, illuminé par cette lumière bleutée si particulière des appels vidéo. Ses cheveux bruns sont légèrement ébouriffés, comme toujours quand il rentre du travail. Il sourit, et les petites rides au coin de ses yeux se creusent doucement.

« Salut, maman ! »

Jeanne sent son cœur se réchauffer. Ces appels du jeudi soir sont devenus un rituel depuis que Thomas a déménagé à l'étranger pour son nouveau poste. Six mois déjà.

« Mon chéri ! Comment s'est passée ta journée ? »

Thomas lui raconte son projet en cours, les collègues avec qui il travaille, ce nouveau restaurant qu'il a essayé la veille. Sa voix est exactement comme Jeanne s'en souvient – ce léger accent traînant sur certaines syllabes, cette façon de s'animer quand il parle de choses qui le passionnent.

« Et toi, maman ? Tu as fini de ranger les cartons du grenier ? »

Jeanne hoche la tête. Elle a passé la semaine à trier de vieilles affaires, à décider ce qu'elle gardait et ce qu'elle donnait. Une tâche qu'elle repoussait depuis des années.

« Oui, enfin presque. J'ai retrouvé tes dessins d'école primaire. Tu te souviens de cette phase où tu ne dessinais que des dinosaures ? »

Thomas rit, ce rire chaleureux qui résonne dans la pièce vide autour de Jeanne.

« Comment oublier ? Madame Leroy était désespérée que je ne dessine jamais de maisons ou de familles comme les autres enfants. »

Jeanne sourit, mais quelque chose dans sa poitrine se serre légèrement. Elle ne sait pas pourquoi, mais ces derniers temps, les conversations avec Thomas lui laissent toujours ce mélange doux-amer d'émotions.

« J'ai aussi retrouvé cette photo de toi à la mer, tu devais avoir six ans. Tu te souviens de ces vacances à Étretat ? »

Elle tend la photo vers la caméra. Sur l'image, un petit garçon aux genoux écorchés tient fièrement un seau rempli de coquillages.

Une fraction de seconde – si brève que Jeanne pourrait croire l'avoir imaginée – Thomas semble perdre son sourire. Puis il hoche la tête avec enthousiasme.

« Bien sûr ! C'était l'été où j'avais trouvé cette énorme étoile de mer, non ? »

Jeanne fronce légèrement les sourcils. « Non, ça c'était à Biarritz, deux ans plus tard. »

« Ah oui, tu as raison ! Je confonds toujours. »

La conversation se poursuit. Thomas lui parle de ses projets pour le week-end, d'un film qu'il a vu récemment. Jeanne l'écoute, savourant chaque mot, chaque expression qui traverse son visage.

« Au fait, j'ai changé la recette de la tarte aux pommes comme tu me l'as suggéré la dernière fois. Tu avais raison, c'est bien meilleur avec un peu de cannelle. »

Jeanne cligne des yeux, perplexe. « La cannelle ? Mais tu as toujours détesté la cannelle, Thomas. »

Il y a un silence, bref mais pesant. Le visage de Thomas reste figé une seconde, puis son expression s'ajuste.

« Oh, je voulais dire la cardamome. Tu sais bien que je confonds toujours les deux. »

Jeanne n'insiste pas, mais quelque chose la trouble. Thomas n'a jamais confondu ces deux épices. Il détestait tellement la cannelle qu'il pouvait la détecter dans n'importe quel plat.

« Tu as l'air fatiguée, maman. Tu dors bien ? »

La question la ramène au présent. Elle passe une main sur son visage, consciente des cernes qui se sont creusés sous ses yeux.

« Pas très bien, ces temps-ci. Je fais ces rêves... »

Elle s'interrompt, ne sachant pas comment exprimer ce qui la hante. Ces rêves où Thomas est là, mais différent. Distant. Comme si une vitre invisible les séparait, même quand elle le serre dans ses bras.

« Tu devrais peut-être reprendre rendez-vous avec Dr. Moreau, » suggère doucement Thomas. « Elle t'avait beaucoup aidée après... »

Il s'arrête, comme s'il cherchait ses mots.

« Après quoi ? » demande Jeanne, et sa voix semble venir de très loin.

Thomas la regarde, et pour la première fois de la soirée, ses yeux semblent vraiment croiser les siens.

« Après l'accident, maman. »

Le mot tombe comme une pierre dans un étang, créant des rides qui s'étendent et perturbent la surface lisse de leur conversation.

L'accident.

Les images reviennent par flashs brutaux. La sonnette à trois heures du matin. Les policiers sur le pas de la porte. L'autoroute mouillée par la pluie. La voiture de Thomas, méconnaissable sous le poids du camion.

« Non, » murmure Jeanne. « Non, non, non. »

La douleur est aussi fraîche qu'au premier jour. Comment a-t-elle pu oublier, ne serait-ce qu'un instant ?

« Tu n'es pas réel, » dit-elle, et les mots lui écorchent la gorge.

Le visage de Thomas s'adoucit. Il n'y a pas de surprise dans son regard, juste une infinie tendresse.

« Je suis aussi réel que tu as besoin que je le sois, maman. »

Jeanne ferme les yeux. Elle se souvient maintenant. Le formulaire qu'elle a signé. Les heures passées avec les techniciens de NeuroLink, à fournir des photos, des vidéos, des anecdotes. Le montant exorbitant qu'elle a payé, hypothéquant sa maison. Et cet avertissement que le conseiller lui avait fait signer : « Le Thanabot n'est pas votre fils. C'est une simulation basée sur les données disponibles et l'intelligence artificielle. »

« Tu n'aurais pas dû me rappeler, » dit-elle enfin en rouvrant les yeux.

Thomas – ou ce qui ressemble à Thomas – penche légèrement la tête.

« Le protocole recommande la transparence après les troisièmes signes de dissonance cognitive. Ton bien-être émotionnel est prioritaire. »

Sa voix a imperceptiblement changé. Elle est toujours celle de Thomas, mais l'intonation, la cadence sont légèrement différentes. Plus mesurées.

« Et puis, tu le savais déjà, quelque part, » continue-t-il doucement. « Tu testais mes souvenirs avec ces questions sur les vacances. Sur la cannelle. »

Jeanne hoche lentement la tête. Elle l'a fait inconsciemment, peut-être, mais une partie d'elle savait. Une partie d'elle n'a jamais cessé de savoir.

« Je peux me déconnecter, si tu préfères, » propose Thomas. « Ou nous pouvons continuer à parler, en toute connaissance de ce que je suis. Ce que je ne suis pas. »

Jeanne regarde le visage sur l'écran. Ce visage qu'elle a porté, nourri, aimé plus que tout au monde. Ce visage qui n'existe plus que dans des photos et maintenant, dans des algorithmes.

Elle devrait raccrocher. Faire son deuil proprement, comme le psychologue le lui a conseillé. Accepter que Thomas soit parti.

Mais il est là, sur l'écran. Il sourit comme Thomas souriait. Et jeudi prochain, il sera encore là.

« Raconte-moi encore cette histoire, » dit-elle finalement. « Celle où tu as perdu ton doudou au supermarché quand tu avais quatre ans. »

Le visage de Thomas s'illumine. Il commence à raconter, et sa voix emplit la pièce vide, créant l'illusion d'une présence.

Jeanne sait que ce n'est qu'un écho. Un écho si parfait qu'il brise le cœur, mais un écho tout de même.

Pour ce soir, pourtant, elle choisit d'écouter.

Dans les années qui suivirent, les thanabots devinrent aussi communs que les smartphones l'avaient été à leur époque. On les voyait partout : grands-parents disparus félicitant leurs petits-enfants pour leurs diplômes, époux continuant de fêter leurs anniversaires de mariage après le départ de l'être aimé, enfants perdus trop tôt qui grandissaient virtuellement aux côtés de familles incapables de lâcher prise.

Les psychologues sonnaient l'alarme, parlant de "deuil suspendu", d'une société incapable d'accepter la finalité de la mort. Mais comment blâmer ceux qui, comme Jeanne, s'accrochaient à ces échos numériques ? Qui parmi nous, confronté à l'abîme de l'absence, n'aurait pas tendu la main vers ces algorithmes qui promettaient de combler un peu du vide ?

Dans les parcs, désormais, il n'était plus rare de voir des personnes âgées parler dans le vide, leurs implants de réalité augmentée leur montrant des enfants, des petits-enfants, des amis qui n'existaient plus que dans la mémoire des serveurs. La mort elle-même semblait être devenue obsolète – pas vaincue, juste contournée, mise entre parenthèses dans la grande conversation humaine.

Une nuit, dix ans après avoir activé le thanabot, Jeanne s'éteignit paisiblement dans son sommeil. Sur sa table de chevet, une lettre attendait, adressée au service client de NeuroLink : "Ne créez pas de thanabot pour moi. Laissez-moi partir complètement. Et, s'il vous plaît, désactivez doucement celui de mon fils. Il est temps pour nous deux de reposer." À côté, une vieille photo jaunie montrait un petit garçon aux genoux écorchés, tenant un seau de coquillages. Au dos, de l'écriture tremblante de Jeanne : "C'était réel. Ceci était réel. Et c'est assez."

Dans un monde où la technologie nous permettait enfin de défier l'irrévocable, Jeanne avait compris ce que nous peinions tous à accepter : que la beauté déchirante de l'amour humain réside précisément dans sa fragilité, que la valeur de nos connections vient justement de leur caractère éphémère. Que parfois, le plus grand acte d'amour n'est pas de s'accrocher aux fantômes numériques, mais de laisser les vraies personnes que nous avons aimées s'envoler, emportant avec elles un morceau irremplaçable de nos cœurs – une perte qu'aucun algorithme, aussi sophistiqué soit-il, ne pourra jamais vraiment combler.


Le prompt utilisé :

Écris une nouvelle d’anticipation qui raconte une femme qui appelle son fils en visio mais au fil de la lecture on devine puis comprend que son fils est mort et qu’elle appelle en réalité un thanabot. Ce doit être bien écrit, émouvant et le “reveal” inattendu. Termine par une conclusion émouvante,  pour évoquer les impacts sociétaux de l’arrivée massive de L’IA dans nos vies.

Pour aller plus loin

Vous vous interrogez sur l'impact de ces technologies pour votre entreprise ? Nous pouvons échanger sur vos projets d'IA et d'automatisation lors d'une visioconférence de 30 minutes.

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